JAM SESSIONS

 

Lors de la co-création de la Révolution de la solidarité avec les militants, le groupe Grassroots Changemakers a souligné que les militants ont besoin d’espaces informels pour se connecter avec d’autres militants au-delà de leurs programmes de travail, cultiver des relations, se détendre, soutenir leur bien-être individuel et collectif et échanger des connaissances et des compétences. Les Changemakers ont proposé de programmer des réunions en dehors du processus de co-création, où il serait possible de connaître plus intimement les personnes qui se cachent derrière les militants, de jouer, de chanter, de danser, de se reposer et d’explorer de nouveaux modes de collaboration. Ils les appelaient Jam Sessions.

L’équipe a tellement apprécié les Jam Sessions et proposé de les promouvoir dans le cadre de la campagne, en invitant d’autres militants à organiser leurs propres événements.

Depuis le lancement de la campagne de Révolution de solidarité avec les militants en 2021, nous avons conseillé et soutenu financièrement 14 militants dans différents pays du monde afin qu’ils puissent organiser des jam sessions pour d’autres militants au sein et en dehors de leurs groupes et mouvements.

 Pour conseiller ces militants, nous avons organisé des réunions visant à familiariser les hôtes des jam sessions avec la Révolution de la solidarité avec les militants et le concept des jam sessions, et nous leur avons donné des idées et des conseils pour organiser ces événements. Ils ont également reçu une allocation pour compenser le temps consacré à l’organisation et à la réalisation des jam sessions et pour couvrir d’autres frais connexes. Nous sommes conscients que le manque de ressources peut être un facteur limitant pour les militants qui souhaitent organiser ce type d’événement.

Ces militants ont organisé des événements aussi bien en ligne qu’en personne. En 2021, la plupart des événements ont eu lieu en ligne, car de nombreux pays étaient encore soumis à des restrictions liées à la pandémie de COVID-19. En revanche, en 2022 et 2023, la plupart des événements se sont déroulés en personne. Certains hôtes ont organisé une jam session, d’autres jusqu’à trois, et le nombre de participants a varié de 10 à 85 par événement !

C’est ce qu’on appelle une Jam Session

Les Jam Sessions sont des espaces informels, intimes et vivants, conçus par et pour des activistes, afin de promouvoir la connexion humaine, le plaisir, le bien-être et la guérison collective. Ce sont aussi des espaces pour explorer et ré-imaginer de nouvelles réalités et visions autour de l’activisme, partager des compétences et établir des collaborations.

Une Jam Session peut-être un événement virtuel ou en face à face et peut être aussi courte ou longue que les besoins et les désirs de votre groupe. L’organisation d’une Jam Session ne doit pas toujours impliquer beaucoup de préparation et de planification (d’où le nom, qui signifie séance d’improvisation en français), mais il est recommandé d’avoir à l’esprit un simple plan d’activités pour s’assurer que toutes les personnes impliquées apprécient et valorisent l’expérience.

Restez à l’écoute, car nous publierons bientôt un manuel d’orientation pour ceux qui souhaitent organiser des Jam Sessions ou des espaces similaires.

 

Pourquoi des espaces comme les Jam Sessions sont-elles importantes pour les militants de base ?
  • Bien que l’activisme soit centré sur les relations humaines, les militants passent le plus clair de leur temps à planifier, organiser, mobiliser, faire pression, chercher des ressources et beaucoup ont aussi d’autres emplois à côté pour gagner leur vie. Ce rythme épuisant limite souvent le temps qu’ils peuvent consacrer entre militants pour créer des liens au-delà des activités et des urgences quotidiennes qu’implique l’activisme.
  • Les militants de base disposent de ressources très limitées pour leur action et la plupart d’entre eux ne reçoivent aucun soutien pour des activités qui ne sont pas liées à des projets spécifiques, telles que la constitution d’équipes, le développement de compétences, la santé mentale et le bien-être.
  • Les groupes et mouvements de base manquent d’possibilités pour se connecter aux autres, construire des alliances et créer des visions communes.

Il est donc impératif de fournir davantage de soutien et de ressources pour permettre aux militants de la base d’organiser des espaces pour se cultiver et se renforcer individuellement et collectivement.